Cinéma: l'écran de la libération

Le cinéma de Godard, le cinéma de Truffaut, le cinéma de Chris Marker, mais jamais le cinéma de Varda. Ces noms sont pourtant tous réunis pour définir la Nouvelle Vague et ses artistes. Dénoncer le féminisme dans le cinéma n'est pas une première pour moi. Agnès Varda, pionnière du cinéma, a tenté d'exprimer l'idée de la femme émancipée, pourtant sans réel succès.
Les Oscars, les Césars, les remises de prix et l'affaire Polanski : ici aussi, les femmes ont poussé leur cri. Ce sentiment d'incompréhension et de non-représentation a conduit de nombreuses femmes à penser que le cinéma et le féminisme ne vont pas de pair.
Tout a commencé pendant la Nouvelle Vague, que nous connaissons toutes et tous pour son innovation. On l'a appelée New Wave, et on l'a longtemps définie par des hommes tels que Truffaut, Godard, Chabrol ou Rivette. Mais celle qui a créé ce terme, c'est Françoise Giroud, dans L'Express, lorsqu'elle voulait désigner ces jeunes hommes et femmes qui réinventent le cinéma et le modernisent.
Nouvelle technique, couleurs naturelles, tournages en extérieur… celle qui manipule cet art à merveille, c'est Agnès Varda. La Pointe Courte, aujourd'hui considéré comme le film précurseur de la Nouvelle Vague, est sa réalisation.
Souvent oubliée et effacée lorsqu'on cite ceux qui ont marqué ces années, Agnès Varda reçoit pourtant en 2017 un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa contribution au cinéma. Bien que récompensée, elle crierait si elle voyait ce qui se passe aujourd'hui dans le cinéma français. Le plus gros scandale touche encore les réalisateurs, réalisateurs que j'accuse ;). Plusieurs boycottent, d'autres protestent ou manifestent. Judith Godrèche, quant à elle, ne se plie pas à cette industrie dite toxique et décide, lors de la 49ᵉ cérémonie des Césars, de prononcer un discours poignant dénonçant les discriminations faites aux femmes.
